Introduction – Le jour où tout a basculé (sans que personne ne le remarque)
J’arrive dans le service.
Comme chaque matin, je sens immédiatement ce climat froid, lourd, presque figé.
Ce n’est pas juste un manque d’ambiance : c’est un espace qui ne vit pas.
Personne ne se parle. Pas un sourire.
Chacun se glisse à son poste, comme s’il entrait dans une pièce en plein hiver.
Et puis… il y a cette radio.
Elle hurle un style musical dont un seul membre de l’équipe est fan.
Impossible de discuter.
Impossible d’interagir.
Impossible de créer du lien.
C’est là que je comprends :
Ce n’est pas un problème de compétences… c’est un problème de “nous”.
Le service fonctionne comme un groupe.
Pas comme une équipe.
1. Groupe vs Équipe : la différence que l’on sous-estime
Un groupe, c’est une somme d’individus.
Une équipe, c’est une somme de liens.
La différence ?
Le sentiment d’appartenance.
Cette impression de faire partie de quelque chose, de compter, d’avancer ensemble.
Et contrairement à ce qu’on croit, ce sentiment d’appartenance ne vient pas :
- d’un organigramme
- d’un team-building annuel
- d’un discours inspirant
Il vient de micro-gestes réguliers.
De rituels.
De petites attentions.
De connexions humaines.
2. Les 6 ennemis du “nous”
Certaines équipes ne deviennent jamais des équipes parce que :
1) Le chef est absent ou débordé
Le manque de présence crée du vide. Et le vide, en équipe, se remplit de tensions.
2) Aucun temps informel
Sans chaleur relationnelle, pas de cohésion.
3) La communication est unidirectionnelle
“Ça descend”, mais ça ne remonte pas.
4) La reconnaissance est absente
Un collaborateur non reconnu se déconnecte.
5) L’ambiance est trop “business”
Résultat : tout devient mécanique, sans âme.
6) Aucun rituel n’existe
Or un rituel, même minuscule, crée de la stabilité et du lien.
3. Les 13 actions qui créent le “nous”
==> Créer la sécurité relationnelle
1. Être présent dans le service
Une présence régulière rassure et libère la parole.
2. Laisser de vrais temps de parole
Parce qu’être écouté crée de l’engagement.
3. Prendre du temps informel
Un simple café peut changer un climat.
4. Installer des rituels rassurants
Bonbons, chocolat, pot à plaisanteries…
Des petites îles de chaleur émotionnelle.
==> Renforcer le lien humain
5. Organiser des activités hors boulot
Pas besoin de dépenser : marcher, manger ensemble, partager un moment.
6. Célébrer les réussites
Une réussite célébrée renforce la fierté collective.
7. Créer des mini-événements “E+”
Une poignée de cacahuètes, un petit clin d’œil…
Du simple, du humain.
8. Faire des photos d’équipe
On photographie ce qui compte.
Cela crée un passé commun.
==> Activer la reconnaissance
9. Valoriser régulièrement
Un merci sincère vaut parfois plus qu’une prime.
10. Pratiquer le SBAM
Sourire – Bonjour – Au revoir – Merci
La base… oubliée trop souvent.
11. Cultiver l’attitude positive
L’énergie du chef est contagieuse.
12. Surprendre ses collaborateurs
Un petit geste inattendu → grande cohésion.
4. Le rôle du chef : gardien du climat
Le chef n’a pas besoin d’être un animateur de colonie.
Il doit être :
✔ le rythme
✔ le ton
✔ la cohérence
✔ la sécurité relationnelle
Il incarne la culture.
Et dans une équipe, la culture… c’est tout.
5. Conclusion
Une équipe ne naît jamais par hasard.
Elle naît des micro-gestes.
Des rituels.
Des attentions.
De la confiance.
Elle naît du nous.
Et le “nous” est un choix quotidien.